lundi 17 mars 2014

Moment vide où tu te sens plein
Moment ivre et incertain
Bonheur soluble ou manque d'entrain
Ou bien les deux plutôt que rien

Un nous qui traîne
Dénoue ta reine
Jeu de mot minable
Bien sûr madame

Tu nous dis d'attendre et toi et nous
On voudrait courir sur les genoux
Le macadam tâché de sang
Toi orpheline moi maintenant
Tu nous fatigues tu nous amuses
Tu nous abuses de temps en temps
Et nous on rit comme des enfants
Bien trop contents d'aller de l'avant

Moi j'ai que mes doigts pour pianoter
J'ai que mon cœur pour assumer
Le trop plein de vie le trop plein de toi
Qui me fait dire n'importe quoi

Ta muse tu sais bien la galerie
Fine couche de verre qui se craquelle
Miettes de glace pilées par terre
Bois ta tisane on va au lit



lundi 17 février 2014

Eveil

Entends-tu le bruit d'un moteur qui s'arrête, d'une goutte fuyante, du vent contre la fenêtre ?
Entends-tu ton cœur battre, les mains moites, une frange droite caressant doucement tes bras ?
Entends-tu l'eau qui coule, le palpitement de l'ampoule qui éclaire tes doigts ?
Tes oreilles bourdonnent, le haut du clocher sonne, tu n'entends plus.
Silence.
Tu fermes les yeux, et le voyage intérieur commence.
Alors tu n'as plus peur, plus d'odeur, plus de refrain.
Rien que ton corps, intérieur d'un écrin.
Qu'as-tu dis ? Un baiser avant la nuit ?
Qu'elle tombe sans nous. Sans ton souffle devenu flou.


Tu entends comme la vie nous emporte ? 
Comme la musique est forte et qu'elle couvre nos pleurs ? 
Nos baisers, nos rancœurs ?

La pluie tombe sur nos masques, tes cris sont loin.



samedi 28 décembre 2013

L'ange et la rose

Anges tombés du ciel
Arrachés de leurs ailes frêles 
Anges tombés du nid
Pas vraiment prêts pour la vie



Avec le temps l'ange grandit,
Amusé par ce qu'on lui dit
Il devient joueur et brandit
Un masque d'amour et d'envie

Enjôleur, cœur vagabond
Il ne s'attarde jamais pour de bon
Préférant un bouquet aux mille odeurs
Où se mêlent pulsions et pudeur

Etre volatile, guidé par son idylle
Aucune n'y prend place bien longtemps
Par peur d'être encerclé, englué dans des sentiments

Rien n'y fait, et ce fait lui pèse depuis quelques temps.
Il se questionne, s'abandonne
Et rêve aux jours où il n'était qu'enfant

Ses joues roses deviennent prose 
Son masque tombe, 
Laissant voir un visage sombre, fatigué
Ennuyé par ces nuits de mirages

Le petit ange ne veut plus voir personne.
Sa solitude résonne, comme un cri sans vergogne.
Sa candeur trépasse, ne laissant plus aucune trace.

C'est alors qu'une rose, perlée par le matin,
Cueillie par le chagrin
Se trouvant amoureuse de l'amour
Gorge serrée et cœur lourd,
Lui sourie avec entrain

L'ange ne comprend plus,
Les larmes coulent sur son corps nu
Il prend la rose dans ses mains, 
Et lui susurre ce refrain :

"Petite rose si fragile,
Abîmée par la vie, pluie hostile
Viens donc tout contre mon cœur
Ici tu n'aura plus jamais peur"

(On reconnaîtra ici que l'ange est légèrement niais et plutôt piètre dragueur)

La rose s'abandonne à son nouvel amant,
Lui donnant plaisir et bon temps
Quelque chose est alors présent,
Invisible jusqu'à cet instant.

L'ange, bien qu'épris de sa belle,
Se voit peu à peu réfléchir
Considérer sa liberté d'avant
Comme lointaine, étonnamment

Il continue pourtant, 
à sourire et faire semblant.
Mais la rose, être insatiable, 
Hume ce parfum étrange
Ne comprenant pas son origine
Ni sa cause, évidemment

L'ange s'est blessé dans les épines de sa fleur,
Et ces entailles le pourfendent, 
Jusqu'à le noircir de l'intérieur.
Il se referme alors, la peur au ventre
Dans son mécanisme destructeur.

C'est ainsi que se termine l'histoire de l'ange noir, et de la rose brisée par un amour qu'elle a pris bien trop à cœur.

jeudi 19 décembre 2013

Un peu de leste

Le silence.
Le bout de ma plume vient percer la paroi fine, palpitante, sous ma poitrine pâle. 
Des doigts sur un piano de nacre, des doigts virevoltants, tapotant sans crainte, sans pudeur. 
Rien ne sort vraiment de ce corps qui se morfond, qui se cache sous des couches innombrables. Un être qui se perd et qui ne se retrouve plus. Des larmes qui se frayent un chemin interrompu. Des mots qui tournoient dans des pensées noircies, un nuage de lait qui s'évanouit. Des oiseaux s'envolent de mon ventre, ils tambourinent, ils me mangent de l'intérieur. De la fumée sort de ma bouche, des volutes épaisses. Les doigts s’interrompent sur un dièse, le temps s'arrête quelques instants. 

Une toute petite femme dans une armoire. Une femme sans odeur, sans parfum de malice, sans joie dans le coin de l’œil. Une femme arrachée, écorchée par le temps, par la vie qui l'attend. Ses yeux sont clos, elle songe. Une nuée d'oiseaux blancs. Ses poings se resserrent jusqu'au sang, jusqu'à l'âme blessée, rongée par la rancœur. Elle se noie dans ce meuble vide. Vide d'air. Vide de sens.Vide d'amour.

Est-ce que tu crois toi, en des choses qui te transpercent, qui te surpassent, qui te maintiennent en vie ? Quand tu doutes, elles t’encensent, elles te plantent
Une épine lancinante, quelque part. 
Tu m'adresses tes derniers mots.
Je m'en vais je crois, je pars, même si mon esprit voudrait rester encore
Tomber encore dénue, dénudé, exténué
Les maux glissent, les mots pissent sur ton visage qui peu à peu s'efface, se lasse
Trépasse, s’enlace dans le reste de mes souvenirs

J'ai froid dans ce monde où rien ne procure de chaleur bien longtemps. Quand je regarde autour de moi il n'y a rien. Des gens seuls, qui s'entourent péniblement. Qui essayent de trouver du réconfort, mais qui se donnent l'illusion de le trouver. Quelques instants. Quelques moments de grâce dans cette vie sans répit, sans merci. 
Ensemble dans notre solitude certaine, on chante notre misère à l'unisson. Chacun sa gamme. La mienne est grave, s'évanouissant au creux de ma gorge nouée, crispée par l'émotion. 

Je n'ai plus envie d'artifices, de sacrifices, de solstice dans ton été hivernal. Je n'ai plus envie de tes joues creuses, de ta peau parfumée par le mensonge, de tes parties de cache-cache avec nos fantômes du passé. 
Je n'ai plus envie de jouer avec les mots sans cesse, sans reste. 

Le corps de femme se recroqueville dans cette armoire vide. Inerte. Les oiseaux blancs la quitte. Ils reviendront dans quelques temps.







mardi 12 novembre 2013

Aude à la proie.

Êtres remplis de larmes. Êtres seuls, démunis. 
La jeune femme est devant son ordinateur. Elle sait qu'elle ne peut, une fois de plus, stopper l’hécatombe. Alors elle écrit comme si cela allait changer quelque chose. Elle pense que oui. Laissons là, elle est si fragile à cet instant précis. Elle ne veut voir personne. Elle n'a plus vraiment goût aux choses qui d'habitude la rendent heureuse. Elle s'écroule. Elle attend d'être seule dans sa chambre, dans un univers qui est le sien. Dans un endroit où personne ne peut voir son visage rouge. Personne ne peut la juger. Elle se demande quand est ce que son chagrin passera. Elle s'étonne de le voir encore si présent, terré au fond de son ventre. Elle sourie en imaginant son chagrin. Une petite boule noire avec des grands yeux bleus. Le mot chagrin vient doucement susurrer à son oreille que bientôt ça ira mieux. Mais bientôt... C'est long. 

Tout paraît incroyablement long quand on attend que le temps passe. La jeune femme devant l'ordinateur s'est apaisée. Elle avait raison, écrire adoucit ses peines. Comme depuis toujours. Elle sait qu'elle ne cessera jamais d'écrire. Seule la mort pourra l'empêcher de cracher des mots comme du poison. Du poison qui purge les peines... Drôle de système. Alors elle pense un peu à plus tard, quand toute sa peine aura pris sa petite valise et sera partie. Elle voudrait avoir la force de la chasser, mais elle revient à chaque fois sans prévenir. A pas de loups, comme une voleuse. Elle ramène avec elle des souvenirs. Ceux qui font mal, ceux qui rappellent l'époque où tout allait bien, où le sourire était bienveillant et le cœur grand ouvert. Maintenant tout est fermé. Barricadé. Ensevelis par des tas de choses désagréables. Alors elle met la main sur son cœur pour le sentir à nouveau, vérifier s'il est encore là. Elle sent son battement, fébrile, comme un petit métronome intérieur. Elle rigole de sa bêtise. "Ce qu'on peut être stupide quand on est triste !" se dit-elle avec tendresse pour elle-même. Elle se dit qu'elle est la seule à pouvoir se comprendre et se supporter dans son état, parce que les autres ne comprennent pas bien ce qui l'habite. De toute manière, elle ne peut compter que sur elle-même. Personne n'est là éternellement. 

dimanche 3 novembre 2013

Logée dans son poitrail, happée par son visage doux
J'oubliais quelque peu l'odeur de son cou
Perdue dans la nuit froide, pas-de-bourré et contours flous
Ta présence secrète m'enivre tout d'un coup

On rit avec des larmes, on crie sans un blâme
Doucement les paroles coulent sur nos joues
Nos yeux rouges embués
Nos fils rouges déchiquetés
J'oublie les rivages imbibés de tristesse
Et je coure, effrontée, avec la force qu'il me reste
Arrachant sur mon passage les herbes hautes et les fleurs tendres
Avec pour seul plaisir mes pieds nus sur la terre morne 
M’enfonçant dans le sol, peu à peu dégringole
Mon envie, mes désirs, mon humeur désinvolte

Bouche surfaite et regards vides
Amours enflammés et masques habiles
Cœur en miette et tronches hostiles
Bouts de toi dans mon corps cassé
Bouts de moi sur ta peau fanée 

L'âme perdure et la vie trace
A la craie blanche une nouvelle ligne 
Zig-zag zigzangant 


Dans ton fort intérieur

Y a un enfant qui..
meurt.

lundi 30 septembre 2013

Chrysalide.

Papiers froissés sur la voie publique. Cœurs déchirés jetés en vrac. Pluie fine sur les carreaux de lunettes. Gens qui marchent, qui ne se retournent plus. Sourires envolés. Mines renfrognées. Sentiments calcinés.

La chrysalide ne s'ouvre plus. Elle ne laissera plus sortir le papillon majestueux.
Chrysalide remplie de vide, de rien, d'un petit tas de poussière insignifiant. 
Chrysalide broyée dans mes mains froides. 

La lune me regarde. Toute ronde, dans son habit d’impératrice effrontée. Elle me sourit. J'aimerais partir avec elle, me bercer au sein de ses cratères, et dormir pendant un siècle. Voir les Hommes s’entre-tuer et verser des larmes pour essuyer leur sang. Danser dans la brume jaunie, faire voler la poussière de mes pieds nus.
Crier à l'humanité d'arrêter ces guerres imbéciles. Insuffler l'amour, l'amour qui manque, l'amour qui ne vient pas. L'amour qui flanche, l'amour au delà de tout. L'amour unique, ou poétique, l'amour sincère.

Je rends le sourire à dame lune. Je rends les armes. Je rends les balles coincées dans mon poitrail.
Je rends mon être plein d'amour. Je rends ma foi. Je prends le large.




Je reviendrai.