dimanche 12 août 2018

L'après voyage

Il y a le temps du retour à la maison

De poser ses valises pleines à craquer 

De souvenirs, 

De rencontres, 

D'aventures qui forgent l'âme



Il y a le temps de se forcer à ne pas regarder en arrière 

Ne pas se laisser aller à la tristesse, 

Au manque, 

A la nostalgie facile 



Ces visages qui défilent lorsque les yeux se ferment, 

Ces paysages, 

La mélodie de cette langue que l'on a appris à comprendre, 

A parler, 

A intégrer en soi 

Cette langue que l'on a entendue chaque jour sans s'en lasser 

Cette langue que l'on adore et qu'on aimerait encore susurrer



Ces passages à vide, 

Avide de nouveautés 

De différent

De coloré



Ces chagrins d'amour qui cognent le cœur

qui colorent le ciel du presque soir d'une teinte rose irréelle



Se dire que ce voyage  sera quelque part en nous,

Toujours



Se dire que c'est le début d'une longue route, 

Encore pleine de rebondissements

De rencontres qui marquent l'existence



Accepter de revenir, de regarder avec des yeux différents

En tirer une certaine satisfaction



Danser

Chanter

Manger et boire ce qui nous plaît

Aller au théâtre

Au cinéma

Au musée

Ecouter beaucoup de musique

Ou bien plonger dans le silence

Voir des amis

Tenter de leur raconter,

De le décrire



Les mots en français qui coulent le long de la bouche,

qui ne buttent pas

Cette fluidité que l'on retrouve,

que l'on apprécie



Surtout essayer de lâcher prise,

Laisser passer un peu de temps

S'occuper 

S'aimer très fort même de loin

Même dans le silence



Rire

Pleurer si nécessaire

Laisser vivre l'émotion en nous

Lui donner la place qu'elle demande

Sans qu'elle prenne le contrôle

Sans qu'elle nous plombe



Aller au marché et s'acheter des fleurs

Pour célébrer la vie qui continue

Accueillir ce présent qui peut parfois ressembler à du passé qu'on a voulu fuir

Le laisser entrer par la porte et contempler sa nouvelle couleur,

Sa nouvelle forme

Sa nouvelle odeur



Faire l'amour

Prendre dans ses bras

Ecrire

Tenter de mettre des mots sur tout ça



Se remercier pour cette aventure incroyable

Remercier son instinct qui poussait à partir 

Pardonner ses peurs et ses doutes

Et surtout...



Se préparer au prochain voyage








mercredi 31 janvier 2018

RESET

D’abord perte de zone de confort
Plus le fauteuil confortable
Plus le corps qui sait
Le corps ne sait pas, il n’a pas appris
D’abord le trouble
Du langage
Du goût de l’air
De la couleur des murs et des portes des maisons
D’abord les yeux écarquillés toujours
La tête qui mélange, qui presse, qui retourne les pensées dans tous les sens
D’abord le vide, le saut
La chute
La poitrine contre le sol, les deux bras en avant, paumes appuyées sur le carrelage
D’abord on essaye de se sauver, de se protéger, de respirer avec le ventre plutôt que la poitrine
On se recroqueville en pensant « bientôt je vais à nouveau exister », mais pas tout de suite, pas maintenant
On se tait, on écoute
Tout, tout le monde
Avec la même intensité, avec le même désir de percevoir chaque mot
Chaque intention
Chaque détail
Toi tu as une bouche ronde et tu fais claquer ta langue sur tes dents quand tu racontes
Toi tu parles si vite si vite
Toi tu manges tes mots, comme un gâteau avec plein de crème
Toi tu aimes parler, tu aimes dire des choses que je ne comprends pas encore
Alors je me raconte une histoire, ma propre histoire avec ces mots que je ne comprends pas
Pas encore
Je me raconte l’histoire que je veux
Je dis en moi-même, je pense
Que « Tout est parfait »
Que je suis extérieure à cette harmonie
Que je n’existe pas encore
Que je dois naître de moi-même pour exister
Je me dis aussi que je vis ça parce que je l’ai choisi
Je l’ai fais parce que j’en avais envie et pas parce qu’on m’y a forcée
Je ne quitte pas mon pays parce que c’est la guerre
Je le quitte parce que c’est à moi que je déclare : « quelle est la prochaine bataille ? »
Et ça,  je me dis, ça, c’est vraiment une chance incroyable
Après, en me disant tout ça, je transforme
Je me transforme en moi-même à nouveau
Mais avec une nouvelle musique
De nouvelles sonorités pour dire
De nouvelles images pour décrire
Je ne suis plus vraiment la même et pourtant jamais été autant moi
Parce qu’ici
Pas de barrière
Pas de filet
Rien
C’est en sautant que le parachute apparaît
C’est en tombant avec la poitrine qui gronde
Tu peux choisir de ne pas atterrir trop vite
Tu peux choisir de faire de ta chute quelque chose de précieux
Tellement précieux
Comme un point de départ qui ne s’arrête jamais
Un work in progress dans les airs
Ensuite tu rencontres
Tu enlaces
Tu danses
Tu embrasses
Tu vis chaque jour, et parfois tu ne sais plus bien
Si c’est jeudi gris ou dimanche plein d’espoir
Tu mélanges
Tu t’en fous
Tu lâches
Tu respires
Peut être un peu différemment cette fois
Avec plus de calme
Avec plus de confiance
Parce que ça y est :
Tu l’as fais
Et que tu sens tout au fond

Que c’est le début d’un grand voyage

lundi 30 octobre 2017

Projet#1 : "Eu sou meu próprio cartographie mentale"



Je, Eu (Moi)
Je suis, seguir ? (suivre ?)
Je suis le chemin
Eu traço (Je trace)
Trace ma route
Esquisses
Esboço o meu destino (Esquisse mon destin)
Aïe, non
Pas de destin
Juste des choix
Des objectifs, especificos (précis)
Quelque chose de précis que je dois faire, moi
Eu devo (Je dois)
C’est important hein ?
Je crois que j’ai besoin d’aide
De ajuda (De l’aide)
Quelqu’un ? Qui ? Quelqu’un se propose ? 
Tu ? Tu ? Ninguém ? (Toi ? Toi ? Personne ?)
Très bien.
Bem. (Bien.)
C’est comme ça alors
C’est comme ça qu’on trace
Qu’on trace sa route
Tu crois ?
ACREDITAR. (CROIRE.)

Parce qu’en fait moi je ne sais pas,
J’essaye, je change des choses dans ma vie
J’ouvre
J’ouvre des portes
J’ouvre mon cœur

Mais il faudrait que je sache si c’est ça qu’il faut faire
Si je suis sur la bonne voie
Si c’est des objectifs qui correspondent à qui je suis
A qui je voudrais être

Je trace
Je vais trop vite
Je suis impatiente
Je voudrais que les choses soient finies avant même qu’elles aient commencées
Impaciente (Impatiente)

Traço. Tranquilamente. (Je trace. Tranquillement.)
Sans précipitation
Sans trop d’ardeur
Juste ce qu’il faut
Je dose
L’équilibre
A Harmonia (L’Harmonie)
Voilà
Ca va mieux
Estou no bom camino (Je suis sur la bonne voie)
Je crois

Merci
Merci d’être là
Grâce à vous je peux tracer ma route
Je peux tracer
Correctement
Sans trop de confusions internes
-Isso nao que dizer que nao as tehna-  
(-ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas-)
Mais juste
Merci
De m’écouter
De me regarder
De me donner une place
De me faire exister
Aqui (Ici)
Agora (Maintenant)

Je suis un carrefour
Je suis à un carrefour de ma vie
Je suis là
Despida (Mise à nue)


 
  









Je suis ma propre cartographie mentale
Eu sou meu próprio cartografia mental




samedi 29 octobre 2016

Lettre à Besançon



Il n'est rien de comparable à ce que ton nom fait résonner en moi
Je suis née en toi
En ton ventre de mousse
Ta citadelle de pierre
Tes ruelles étroites
Et ton parfum de fleur joyeusement fanée

Je foule inlassablement ta peau dure qui sait tout de moi
Tu as bercée mes amours de tes bras maternants
Tu m'as nourri de ton sein vert
Paisible
En me cachant parfois sous tes ponts
Tes murs épais et tes draps tièdes

Assoiffée encore
Ton liquide de miel et de sang a coulé le long de ma gorge
Me rendant folle de tes lumières qui dansent
De tes notes de guitare ou de bavardages insensés
-Mais tellement essentiels-
D'autres âmes perdues

Je ne compte plus toutes ces joies colorées par la nuit
Ces imprudences
Ces pièges délicieux qui m'ont rendue femme
Parfois grande
Parfois tendre
Endolorie de cette culture que l'on transgresse
Que l'on regarde pousser sans savoir

En tes kiosques j'ai vu le peuple qui grondait
J'ai entendu sa voix fragile
J'ai eu tant d'espoir et tant de peines

Tes silences m'ont guidée dans la brume
Tes reflets dorés dans l'eau
A l'aube

Effrontée
Insaisissable sous tes remparts
Tu as observé toute cette chair s'affairant
S’essoufflant sur tes plaines
Dans tes forêts et tes églises

Maintenant je dois te dire
Que je m'apprête à te quitter
Cet amour me dépasse
Et je dois apprendre à t'aimer autrement
A t'aimer de plus loin
De plus haut


La nuit
J'entends tes râles graves de femmes qui pleurent
Celles qui ne comprennent plus mais qui se tiennent droit 
Celles qui sont grandes et fortes le jour
Brillantes de mille étoiles quand la rosée enfin s'évapore

Te quitter sera difficile
Mais si je souhaite encore ressentir ta beauté en fermant les yeux
Je dois me délivrer de tes bras accueillants

Ces derniers mois dans tes entrailles pour clôturer le cycle de ma première vie
Tu seras ma petite mort
Tu seras belle dans mon cœur d'enfant grandi trop vite
Tu seras fière
Orgueilleuse
Maquillée de tes rames de tramway turquoises
De tes musées
De tes théâtres

Tu sais que c'est dans tes salles sombres que j'ai appris à aimer l'Art
A le détester aussi parfois
Tu sais que c'est sur tes scènes
Dans tes bars et tes rues
Que ma voix s'est envolée
Comme un oiseau qui tombe de son berceau trop petit

Tu sais comme je te dois tout
Comme tu es en moi
Et comme aucune autre mère ne pourra te voler ces fruits rares

Je reviendrai
Chargée de nouvelles victuailles
Chargée de pierres précieuses
Que je déposerai sur tes dalles noircies par la vie qui grouille
Sans moi
Loin de moi
Mais toujours
-Et peut être même plus intensément-
En moi.

Ton enfant des rues,


G.

dimanche 3 janvier 2016

New Year Poem

Wake up
And smell the power of love
The power of art 
The power of the present
When you are in my annoyed arms
When your lips are kissing my shoulder
And when we don't know if it's real

Why are you so afraid ?
What could happen ?
You just don't know
You just don't know

Take
a
Breath 
and
Run

Take
Breath
and
Fall
into
your
darkness

Why are you so afraid ?

Into your void
There is a little boy
Who just shows you his heart
And on his lips you can see
This three little words
"Don't forget me"




vendredi 30 octobre 2015

Partage inconditionnel de données instablement instables résultantes de mon esprit fouineur

Je ne comprends pas. Pas tout, jamais. Peut être une partie. Un angle. Une craquelure, si minuscule soit-elle. Tout se mélange, se disperse gentillement, s'égare dans des parties diverses de mes pensées. Je panique quant à la quantité indéfinissable de questions tournoyantes et parfois insidieuses qui me culbutent. Me transpercent et ne me lâchent plus.

Je ne comprends pas pourquoi nous en sommes arrivés là. Pourquoi la grâce de certains instants, de certaines images, sont tâchés par la noirceur de la cruauté des Hommes et de leur soif de vengeance. La haine, voilà ce qui coule des bouches, ce qui roule sur les joues, ce qui entraîne les foules. Se sentir au-delà, au dessus, en dehors, endoloris. Embourbés.

Je ne comprends pas le plaisir que prennent certains à tomber dans la facilité. A s'engluer dans des automatismes froids, sans aucune vie, sans aucun éclat. A s'écarter de ce qui existe de plus pur et de plus jouissif, à savoir la rencontre de soi avec l'immense inconnu. La rencontre d'un être face à tout ce qui existe, dans une complexité infinie et surtout infiniment semée d’embûche. De pépites.

Je ne comprends pas la passivité ambiante. Le déni. Les œillères qui traînent au coin de chaque visage. Il y a tellement de possibles, tellement de chemins à prendre, alors pourquoi rester sur les routes toutes tracées ? Pourquoi ne pas se perdre et s'en donner à cœur joie, aller dans les bas-fonds, nager dans les décombres de soi-mêmes ? Montrer fièrement la galère sur laquelle notre corps rigide se déplace, et avec quelle agilité, avec quelles difficultés. Toutes ces choses qui sont propres à chacun d'entre nous, qui se croisent, se nourrissent entre elles.

J'aimerais penser que nous sommes ici pour des valeurs plus honorables. Pour un combat plus évolué. Certaines fois je ne sais plus ce qu'il est, ce combat. Je nous vois perdus, voguant hasardeusement au gré des marées, laissant s'échapper les voiliers pleins d'espoir. Le combat peut-il être collectif ? Ou sommes-nous passé à l'aire du « chacun pour soi » ? Le fait de se sentir parti d'un tout doit-il obligatoirement passer par la pensée de masse, le mimétisme, le patriotisme ?  L'argent et le capitalisme régissant tout ou presque, il devient difficile de lutter, et surtout de lutter seul.

J'aimerais sentir à quel point les questionnements sont importants, le retour à l'essentiel, le retour à notre Terre. Mais ce que je vois et ressens me glace profondément.
J'aimerais parfois ne pas appartenir à ce monde. J'aimerais en être une enfant illégitime. Voler sur l'eau et nager dans l'espace sans que personne ne me dise « C'est impossible. » Sentir dans mes paumes chaque cœur et chaque individu, et pouvoir me dire « Ce cœur est aussi le mien ». Mais c'est à ces moments là que je rêve éveillée et que je me tais.

Cette fois je parle, et je laisse à vos yeux et à vos cœurs la liberté de se balader entre mes mots maladroits, vides ou pleins, petits signes inventés par nous même pour communiquer, dans un soucis de partage d'Homme à Homme. J'aimerais que l'on se comprenne, vous et moi. Que l'on se prenne dans les bras.



dimanche 14 juin 2015

Lettre de gratitude


Le jeûne âge. Timide, pas sûr de soi. Les papillons dans le ventre. Le trac, le vrai trac qui tord de l'intérieur. Juste avant le rendez-vous. « Dans une heure tout va peut être basculer ». Les doutes qui surgissent. Le rouge qui monte aux joues et le sentiment que plus rien n'existe. L'impression d'être vivant pour de bon, de toucher du doigt ce que c'est, enfin, que d'être épris de quelqu'un. Le moment où les lèvres se touchent. L'explosion.

Les premiers baisers, les premiers je t'aime, la première fois que vivre devient si agréable en présence d'une autre personne. Cette impression de penser au pluriel et puis de ne plus être seul. Cette fougue, cette passion qui renverse le cœur, qui empoigne et qui secoue. Cette envie de crier partout qu'on est amoureux, ça y est.

Le chagrin d'amour. Celui qui arrache, qui bouscule, qui ôte toute joie toute envie de vivre toute envie d'exister. Cette cascade qui déglingue, qui dézingue et qui noie la toute petite personne que tu es, maintenant conjuguée au singulier, rabougrie au fond des draps et des tornades de larmes.

Plus tard, plus mature, plus pudique. Les discussions qui durent des heures où à cœur ouvert, on livre qui on est, on se découvre, on s'apprend. On s'engueule parce qu'on s'aime trop, parce qu'on se comprend pas profondément mais qu'on aimerait trouver ce qui cloche. Ce qui accroche. On cherche à deux et on se trouve parfois, tout seul. On grimpe des montagnes, les victoires sont belles, diverses. On tâtonne, on va chercher profond en nous parce qu'on a envie d'être à la hauteur.
A chaque voyage, à chaque histoire, une nouvelle pépite à mettre dans son fort intérieur.


A toutes ces expériences de vie, à tous mes amours passés, je dédie cette lettre.
A tous ces garçons que j'ai aimé, à qui j'ai donné une petite part de moi, j'aimerais dire un merci qui vient de loin.
Merci à tous ceux avec qui j'ai partagé seulement quelques instants, et merci à ceux qui m'ont aimé en secret, si toutefois il y en a eu !

Vous m'avez aidé à me construire, à me chercher, à tomber parfois très fort, à me relever, à me comprendre. Et c'est ce qui est important : grâce à chacun d'entre vous, je me découvre et je traverse la vie. Sereinement.
Avec force, détermination et surtout, avec beaucoup d'envie.

Puisse l'amour que vous m'avez donné vive en moi toujours, et à jamais.



Publié dans : "Pratique de la gratitude, l'art d'être heureux" de Jean François Thiriet, 2015