samedi 8 juin 2013

Tragédie moderne





De ce cœur éclaté en résulte un fossé, déchirement insensé, douche amère et glacée.

De cette interminable lutte, m'en voilà retournée; prise en flagrant délit dans une bataille bien trop corsée.

De cette main qui signe le traité, je pousse un cri étrange qui bousille tous vos souliers.

Je mange sur vos tombes qui commencent à s'écrouler, je trépigne sans rompre vos guerres entrelacées.


*












lundi 13 mai 2013



La nuit nous enveloppe, la nuit nous dorlote, l'obscure passion nous transporte.
Blason indescriptible dans nos sens volatiles, poudre à canon sur nos lèvres enragées.
Les corps s’emmêlent et se perdent avec envie, charnelles tirades tournoyants nos esprits.
Le sablier s'arrête, vagabond incompris.
Nos cœurs en papier brûlent, flambent en cadence, crépitent telles des brindilles frêles et innocentes.
La lumière du jour perce ton regard incertain, ton océan d'ivresse, chaque battement de cil nous rapproche et nous blesse.

Êtres insatiables, gourmands éperdus, j'aspire tes paroles comme ta chair tendue.
Allongée sur l'îlot paisible et serein, la calanque bat fort, la calanque bat son plein.
En cette nuit douce, ce ravin de délice, je lance ma joie au ciel -sans nuage ni malice.
J'abandonne l'aigreur qui en moi était enfouie, j'explose d'ardeur, 
et pour toi je m'enfuis.




G.


lundi 22 avril 2013

Et on retrouve petit à petit ce qui avant fonctionnait si bien.

La ville est endormie. Je pédale à en perdre haleine, sans savoir où je vais. Mes oreilles me font mal, ma poitrine tape un rythme allègre que je ne sais maîtriser. Les réverbères crachent une faible lumière, juste assez pour dessiner le contour des objets, des immeubles gris, des lignes abrupt discontinues. 
Mes yeux s'emplissent de larmes chaudes, la route est de plus en plus pentue, je tire ma dernière révérence avec le peu de force qu'il me reste. Je descend enfin, titubante, tremblante. Je croise des jeunes qui auraient pu être moi, se tenant par la taille, riant fort, une bouteille presque vide à la main. Une légère bruine me caresse le visage. 

*

Ils sont tous partis. Je sens quelque chose qui arrive, qui m'emplit d'un sentiment que j'avais oublié. Tu m'appelle fébrilement. Je suis perdue dans tes bras, dans nos paroles absurdes, dans tes caresses. Le temps s'arrête, le temps me berce, je dégringole dans le coin de tes lèvres.

*

Je lis la déception dans tes yeux. Je ne dis rien, de  peur que tu ne t'énerve encore contre moi. Je n'ai plus d'excuse cette fois.  J'aimerai que tu n'ai rien à me reprocher, mais il y a toujours quelque chose. Je suis perdue, suspendue dans le vide , la poitrine serrée. Encore une fois je n'ai pas été à la hauteur.  Je nage à contre courant.   








dimanche 31 mars 2013

Résurrection

C'était un de ces soirs froid où il fait bon vivre dans les chaumières. Je me disais que ça faisait une éternité que je n'avais pas réussi à écrire quelque chose de passable, et j'avais raison. J'attendais tristement un de ces dimanche soir où mes pensées s'égarent pour former une nuée d'oiseaux blancs. Des volatiles fous et imprudents qui virevoltent au dessus de mon crâne en même temps que j'écris. Je me disais que si j'arrivais à faire un texte qui me plaise, j'aurais une nuit rempli de rêves délicieux. 


C'était pâques. Je m'en foutais royalement, et j'avais eu envie de vomir toute la journée à cause de ces foutus chocolats et de la soirée que j'avais fais la veille. Je me disais que j'avais encore pleins de choses à faire, et que je n'en avais pas la moindre envie. Je voulais dormir durant des jours pour faire le tour de moi-même et essayer de comprendre tout ce qui déraille chez moi. Evidemment, je n'avais pas ce pouvoir mais le simple fait d'y penser me plaisait. Un rien ne me plaisait. Quelques notes de musique, une gorgée de tequila, chanter sur des accords improvisés, me tenir à la rampe des escaliers et sentir qu'une force étrangère me poussait vers l'avant. Ce porche sombre me plaisait aussi. Ces parois humides qui laissaient entrevoir un ciel sans couleur. J'étais juste là et cela me suffisait. Je pensais que c'était éphémère, et que je ne m'en rappellerai pas aussi bien une fois arrivée dans mon lit. Mais cette fois ci, je m'étais emparé du moment de manière à ce qu'il vive toujours en moi, avec précision et exactitude.
Au départ, je ne savais pas vraiment ce que je pouvais raconter, me remémorant tous les textes abandonnés avant même qu'ils n'aient eu la chance de prendre forme. Je me disais qu'au fond, je n'avais sûrement rien à dire de plus que tout ce qui se dit déjà de manière sublime dans certaine bouche, ou dans certains livre. Je pensais que quoi que j'écrive, ce n'était pas vraiment important puisque j'étais vouée à une existence courte et sûrement discrète. Je pensais aussi aux reproches qu'on avait pu me faire sur ma manière d'écrire. "Ce n'est pas assez travaillé, et puis tu voles des jolis mots pour donner du panache à tes phrases". J'avais bien pris en compte ce qu'il m'avait dit ce soir là, assis devant la nuit qui nous écoutait murmurer. 
Depuis quelque temps, j'avais vécu assez de moments déroutants pour essayer de tisser un fil conducteur et rendre cela abordable. Même si au fond de moi je savais bien que personne d'autre que moi ne pouvait comprendre la complexité de chacun d'entre eux. Alors pour me rassurer, je me disais que chaque moment partagé avec quelqu'un était un don indélébile et que quoi qu'il advienne, nous y seront toujours le gardien. Je me disais que c'était plutôt joliment dit. 
C'est pourquoi ce soir là, j'ai eu envie de laisser couler les mots, de les laisser exister quelque part. Ceux là méritaient leur place, et mon léger sourire montrait, pour une fois, une forme de satisfaction. 


mardi 19 février 2013

Je n'oublie pas la saveur de cette bouche, la texture de cette peau blanche, le sentiment d'exister quand ton souffle s'attarde dans mon cou. Je n'oublie rien. Je cogne mes souvenirs avec ces rêves lézardés,  ces images bleutées d'une poésie intense. J'espère. Je n'attends rien du haut de ma tour d'argent. Je regarde par la fenêtre, les arbres marmonnent dans leur barbe verte, je les écoute pendant des heures. Je ne m'en lasse pas. Je sais que ton regard est lointain, et que tes murmures sont destinés à d'autres. Cela m'amuse, cela m’attriste, je n'y pense plus. D'une voix brisée, je chante. J'entonne une mélodie fragile, dont les imperfections deviennent charmantes. Je ferme les yeux, et laisse couler les sons qui me viennent. Les mots qui me viennent. Les larmes qui me viennent. Dans le froid de la nuit, je pleure doucement, sans aucune douleur pour moi-même. Je brave le temps, je brave les règles que l'on s'était donné. Je foule le sol, je marche, je marche droit, je tombe. Tu me tends la main, et d'un sourire ravageur, tu me dis que la nuit me rend belle. Ma joue est collée contre ton torse, je sens ton coeur battre. Je suis bien au creux de ton être. Je n'ai plus envie de fuir. Mes yeux sont clos, et mes doigts caressent doucement ta peau. Ton souffle me berce.


 *.             Je m'endors.

dimanche 10 février 2013

Sombre cri

Rien de concluant à dire. Rien à vrai dire. Que du sombre et du vaniteux. 



Tu me connais, pleine de secrets et de vaines décadences, je me balance entre tes lèvres arrogantes. J'embrasse, j'embrase, je tâche ton col de chemise, je défrise ton jupon de pudeur, je pince ton cou de mille ardeurs.
Tu me repousse avec grâce, j'enlace ta ferveur avec dédain. Tu me retiens de tes mains moites, tu te rétractes, tu continues ton chemin.
Je fais un pas, je pose un genou à terre, je t'appelle, je t'appelle encore, mais tu ne réponds pas et je tombe, j'écorche ma peau, j'écorche mes mots à peine prononcés, dilués dans le souffle qui nous sépare.
J'étouffe dans ce monde, et c'est toi, de tes silences, c'est toi qui resserres l'échéance, encore quelques minutes et je ne serai plus. Je ne peux lutter, tu t'éloignes, je suis contrainte de rendre les armes.

Tes chaussures crissent sur les cailloux de passion que j'avais semés pour toi, tu ne te retournes plus.
Je crache. Dans le sable ocre et sang, je te laisse un dernier souvenir médiocre.
Tu m'abandonnes, comme on abandonnerait un enfant mort.
Je ferme les yeux, je laisse aller ma tête nue.
Ma nuque se rompt,
quelques rebonds,

Je pars.


mardi 29 janvier 2013

parenthèses poétiques

Douce noyade au clair de lune,
L'air est humide et les papillons brûlent
Leurs ailes consumées  s'envolent et frôlent les cieux
C'est l'heure à laquelle je devais te dire Adieu



Soupirs exaspérés, qu'en deviendra-t-il de nous 
Quand les mines de rancoeur sauterons à nos cous
Quand ton sourire folâtre s'en ira  au travers
De ma gorge nouée, dis moi, que devrons-nous faire ?

Vogue la tristesse et vogue nos fous rires
Vogue ma vengeresse et cette passion d'écrire
Ecoule ton venin dans ma chair endormie
Ecoute la misère du monde qui s'enfuit

Ici naît une fleur plus belle que l'Envie
Plus allechante encore qu'une princesse assoupie
Si naïve et si douce que dans les ruines de ma douleur
Je la sent, immortelle, dans son tombeau d'aigreur

Ce n'est plus du sang, mais de l'encre qui tâche mon lit
Des larmes et de la cendre qui s'emmêlent dans mes yeux gris