mercredi 4 septembre 2013

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Amours platoniques,
Sacrée réplique dans cette jungle monastique.
Que vos cœurs sont heureux, certes, puisqu'ils sont insensibles,
Et vos nuits paisibles, sans encombre ni pleurs.
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J'aurais essayé pourtant, de garder cet air sobre au regard de ta peine, mais elle coulait déjà dans mes veines quand je suis partie. Cette poignée de sable fin m'écorche le poitrail. Je nage dans le désert de ta souffrance. 

Ô si ce sourire s'affiche si fièrement sur mes lèvres, c'est en un instant qu'il s'éteint, si frêle. Si dépendant de toi, cher amant, j'aimerais avoir l'emprise de cet instant.

Mots envolés en déroute, tu ne comprends pas bien l'enfer qui m’envoûte. Symbiose tâchée de cette tristesse solitaire, tends-moi la main cette fois, cesses donc de te taire.

Nostalgie imbécile, bien trop d'expressions que me restent, ébauchant cette époque de naïveté certaine, le temps du présent désormais abolit, le temps où chaque spectacle n'était rien d'autre qu'un défis.

Rentrée. Soleil sur nos peaux pleines de voyage, dorées à souhait. Dans tes yeux on peut voir la mer qui scintille encore un peu. On aurait aimé s'y retrouver, loin de tout, loin de nos squelettes obligés et contraints.

Libération psychique, réflexion sur le soi, dialogues intérieurs plus profonds encore.

J'arrête. 
Je continue ?

L'air est chargé de sens nouveaux, ton cœur bat, bien plus fort que tu ne l'imagines. 

mardi 30 juillet 2013

Variante invariable

Douce nuit au clair de lune
L'air est humide et les papillons brûlent
Nuit prolifique aux amours de jeunesse
Retour aux sources inexorable,
Etre grandit trop vite, solitude intempestive
Morte la jeune âme des temps jadis
Adieu petite moi au pays des songes
Me voila grandie, cœur de pierre
Couleurs ternies et vernis d'ombre
Milles façons de faire l'amour au jour
Qui s'endort discrètement
En mangeant nos visages sombres
Milles baisers envoyés sur la tombe
De nos amours passés, non sans encombre
Tu me plisses les joues
Jeune esthète aux yeux clair
Dans ton drôle de mal être
Pourras-tu un jour renaître ?


Gaëlle.

dimanche 30 juin 2013

Prose explosée

Frêle branche qui casse sur mes hanches
Solitaire empêtré dans son être lunaire
Larmes d'ombre sur mes joues tantôt rondes
Tantôt sombres et moqueuses
Manque d'entrain si certain dans tes yeux
Charismatique
Lunatique
Adieu à mon règne.

Nul ne sait quel sentiment me broie les os
Quand je saute du haut de la falaise blanche
Quand je crie à pleine voix la rage qui m'envoie
Sur cette satanée planète
Planète.. planète

Et si nos baisers suffisaient
à corrompre les faits
Multiplier le bonheur en gommant les rancœurs
Ta mine me déprime et tes mots silencieux
Balayent promptement le plaisir dans mes yeux
Qui danse qui danse d'un rythme incertain
Et qui vient mourir au creux de tes reins

Quand tu pars, je m'enfuis
Dans ce monde si petit
Qu'est le mien

J'explose
J'explose


samedi 8 juin 2013

Tragédie moderne





De ce cœur éclaté en résulte un fossé, déchirement insensé, douche amère et glacée.

De cette interminable lutte, m'en voilà retournée; prise en flagrant délit dans une bataille bien trop corsée.

De cette main qui signe le traité, je pousse un cri étrange qui bousille tous vos souliers.

Je mange sur vos tombes qui commencent à s'écrouler, je trépigne sans rompre vos guerres entrelacées.


*












lundi 13 mai 2013



La nuit nous enveloppe, la nuit nous dorlote, l'obscure passion nous transporte.
Blason indescriptible dans nos sens volatiles, poudre à canon sur nos lèvres enragées.
Les corps s’emmêlent et se perdent avec envie, charnelles tirades tournoyants nos esprits.
Le sablier s'arrête, vagabond incompris.
Nos cœurs en papier brûlent, flambent en cadence, crépitent telles des brindilles frêles et innocentes.
La lumière du jour perce ton regard incertain, ton océan d'ivresse, chaque battement de cil nous rapproche et nous blesse.

Êtres insatiables, gourmands éperdus, j'aspire tes paroles comme ta chair tendue.
Allongée sur l'îlot paisible et serein, la calanque bat fort, la calanque bat son plein.
En cette nuit douce, ce ravin de délice, je lance ma joie au ciel -sans nuage ni malice.
J'abandonne l'aigreur qui en moi était enfouie, j'explose d'ardeur, 
et pour toi je m'enfuis.




G.


lundi 22 avril 2013

Et on retrouve petit à petit ce qui avant fonctionnait si bien.

La ville est endormie. Je pédale à en perdre haleine, sans savoir où je vais. Mes oreilles me font mal, ma poitrine tape un rythme allègre que je ne sais maîtriser. Les réverbères crachent une faible lumière, juste assez pour dessiner le contour des objets, des immeubles gris, des lignes abrupt discontinues. 
Mes yeux s'emplissent de larmes chaudes, la route est de plus en plus pentue, je tire ma dernière révérence avec le peu de force qu'il me reste. Je descend enfin, titubante, tremblante. Je croise des jeunes qui auraient pu être moi, se tenant par la taille, riant fort, une bouteille presque vide à la main. Une légère bruine me caresse le visage. 

*

Ils sont tous partis. Je sens quelque chose qui arrive, qui m'emplit d'un sentiment que j'avais oublié. Tu m'appelle fébrilement. Je suis perdue dans tes bras, dans nos paroles absurdes, dans tes caresses. Le temps s'arrête, le temps me berce, je dégringole dans le coin de tes lèvres.

*

Je lis la déception dans tes yeux. Je ne dis rien, de  peur que tu ne t'énerve encore contre moi. Je n'ai plus d'excuse cette fois.  J'aimerai que tu n'ai rien à me reprocher, mais il y a toujours quelque chose. Je suis perdue, suspendue dans le vide , la poitrine serrée. Encore une fois je n'ai pas été à la hauteur.  Je nage à contre courant.   








dimanche 31 mars 2013

Résurrection

C'était un de ces soirs froid où il fait bon vivre dans les chaumières. Je me disais que ça faisait une éternité que je n'avais pas réussi à écrire quelque chose de passable, et j'avais raison. J'attendais tristement un de ces dimanche soir où mes pensées s'égarent pour former une nuée d'oiseaux blancs. Des volatiles fous et imprudents qui virevoltent au dessus de mon crâne en même temps que j'écris. Je me disais que si j'arrivais à faire un texte qui me plaise, j'aurais une nuit rempli de rêves délicieux. 


C'était pâques. Je m'en foutais royalement, et j'avais eu envie de vomir toute la journée à cause de ces foutus chocolats et de la soirée que j'avais fais la veille. Je me disais que j'avais encore pleins de choses à faire, et que je n'en avais pas la moindre envie. Je voulais dormir durant des jours pour faire le tour de moi-même et essayer de comprendre tout ce qui déraille chez moi. Evidemment, je n'avais pas ce pouvoir mais le simple fait d'y penser me plaisait. Un rien ne me plaisait. Quelques notes de musique, une gorgée de tequila, chanter sur des accords improvisés, me tenir à la rampe des escaliers et sentir qu'une force étrangère me poussait vers l'avant. Ce porche sombre me plaisait aussi. Ces parois humides qui laissaient entrevoir un ciel sans couleur. J'étais juste là et cela me suffisait. Je pensais que c'était éphémère, et que je ne m'en rappellerai pas aussi bien une fois arrivée dans mon lit. Mais cette fois ci, je m'étais emparé du moment de manière à ce qu'il vive toujours en moi, avec précision et exactitude.
Au départ, je ne savais pas vraiment ce que je pouvais raconter, me remémorant tous les textes abandonnés avant même qu'ils n'aient eu la chance de prendre forme. Je me disais qu'au fond, je n'avais sûrement rien à dire de plus que tout ce qui se dit déjà de manière sublime dans certaine bouche, ou dans certains livre. Je pensais que quoi que j'écrive, ce n'était pas vraiment important puisque j'étais vouée à une existence courte et sûrement discrète. Je pensais aussi aux reproches qu'on avait pu me faire sur ma manière d'écrire. "Ce n'est pas assez travaillé, et puis tu voles des jolis mots pour donner du panache à tes phrases". J'avais bien pris en compte ce qu'il m'avait dit ce soir là, assis devant la nuit qui nous écoutait murmurer. 
Depuis quelque temps, j'avais vécu assez de moments déroutants pour essayer de tisser un fil conducteur et rendre cela abordable. Même si au fond de moi je savais bien que personne d'autre que moi ne pouvait comprendre la complexité de chacun d'entre eux. Alors pour me rassurer, je me disais que chaque moment partagé avec quelqu'un était un don indélébile et que quoi qu'il advienne, nous y seront toujours le gardien. Je me disais que c'était plutôt joliment dit. 
C'est pourquoi ce soir là, j'ai eu envie de laisser couler les mots, de les laisser exister quelque part. Ceux là méritaient leur place, et mon léger sourire montrait, pour une fois, une forme de satisfaction.