dimanche 6 janvier 2013

Troubles du sommeil.

Réveil en sueur. Moi qui me croyais débarrassée de ces vieux souvenirs. C'est fou comme quelques minutes de rêve peuvent te rappeler à quel point ton inconscient ne cesse jamais d'exister. Il est là, aux aguets, à aspirer la moindre partielle de ton petit être et de toute sa complexité. Impossible d'y échapper, de se cacher, de tricher. Lui mentir n'est qu'éphémère : il sait tout.

Mes yeux ne se ferment plus. C'est douloureusement que j'avoue, une fois de plus, mon agacement, ma haine , ma défaite brûlante. Je croyais pouvoir aimer au jour le jour, faire comme tous ces jeunes qui se saignent, qui s'amusent, qui se mentent, qui s'en foutent. J'y arrive pas. 
Etre prisonnière de l'amour. Comment ne peut-on pas l'être ? Qui y a t'il de plus plaisant que de sentir contre sa peau des baisers furtifs, de goûter à des lèvres qui jamais ne se tarissent, de sentir toute la force d'une union fugitive, envers et contre tous. Il n'y a pas grand chose de comparable. Ça fait trop longtemps que je triche. Tu as été la fois de trop. Je ne suis pas celle que j'aimerais être, indomptable, impénétrable. Insaisissable volupté de l'être.
Je ne suis que moi. Que cette jeune femme amoureuse de l'amour. Qui s'ennuie dans sa belle tour en argent, où plus personne n'entre de manière définitive. Il faut dire que cette tour est protégée par de nombreux sentinelles qui n'ont aucune pitié envers les âmes intéressées. Je n'ai plus la patience d'attendre, alors je me morfonds. La limite est atteinte, je tire ma révérence, le temps m'a ratrappé pour mieux me perdre.
Succombe, succombe, succombe, tu te rattrapera bien à une branche le moment venu. 
J'ai beau voir tous ces yeux qui brillent, ces lèvres qui se frôlent, ces gens aveuglés par leur bonheur intimiste ; je ne peux que les envier. 

Comment oses-tu parler d'amour, toi, hein ? Toi qui n'a pas connu Lola Rastaquouère

dimanche 9 décembre 2012

NON POTABLE

Pas de chanson ce soir. Pas de vielles histoires. Pas d'orgueil. Pas de deuil. Juste une nuée de mots non comestibles, sans saveur, sans véritable but, qui èrent, qui passent, qui cherchent sans pour autant parvenir à dénicher quelque chose de valable. Ecriture automatique, oui. Comme tu dis, pas de recherche du beau, du bien tourné, du truc qui sonnerait bien comme une légère brise mélodieuse à l'oreille, un bruit de vague dans un coquillage perdu, une voix qui sussure des histoires d'enfant sage pour que tu t'endormes. Plus rien de tel, non. Quelque chose de plus brutal, plus terre à terre, un peu solitaire, amère, austère. Succession d'adjectifs, pas d'adhésif, un peu corrosif, presque explosif. Tu me hais, moi je t'aime. On fait comment ?
MERDE.
Je recommence à écrire des gros mots en lettres capitales, c'est pourtant pas capital, comme pourrait l'être mon manque de sommeil ou cette grotesque répétition du mot capital dans la même phrase. Ridicules que je suis, que nous sommes. J'écris pas dans les règles, je me tape des 8 en litté, je me tape des putes illettrées, ah, ça c'était pas prévu, mauvaise punchline.
MERDRE.
Voilà, je cite Jarry, je ne me félicite pas. Enfin, si, peut être un peu, pour combler le vide.
Tu comprends rien.
C'est normal, crois pas que je vais te rendre la lecture facile, je suis pas là pour ça. Je suis là pour quoi d'ailleurs ?

Texte sans forme. Il commençait bien pourtant, un peu comme les autres. Et bien nan. Feinte. Grosse feinte.
J'emmerde ce texte, j'emmerde le lundi puisqu'on est lundi d'après mon ordinateur. J'emmerde les gens qui comprennent rien, qui font semblant, qui vivent dans leur petit monde, qui se croient malheureux sans raison.
J'emmerde la petite personne que je suis, bien trop hautaine, bien trop perdue.

Je crois qu'on se connait pas bien nous deux. Tu m'a pas laissé ma chance. Oui, bien sûr que ça me rend triste. J'suis comme les autres au fond, on peut me blesser très fort, m'aimer très fort aussi. On peut compter sur moi, me balancer mes vérités, comme vous l'avez toutes fait. Vous avez vu, j'ai encaissé. C'est dur comme exercice. Bande de connasses. C'que je vous aime, putain.

Je suis pas un, je suis plusieurs. Je suis loin, j'suis pas à l'heure. Je suis trop bien, t'es trop moqueur.

Je t'aime.
Adieu.




(Ce texte est odieux, j'laime pas, mais vu que je l'emmerde explicitement, c'est pas grave.)



dimanche 2 décembre 2012



On lève les yeux
On crie à deux
On lève les voiles
On s'fait la malle
On part trop loin
On compte sur le destin
On chante trop fort
On vit encore

Et si tu m’apprenais,
à m'en foutre à jamais ?
Et si tu me gardais,
un bout de ton corset
bien trop serré,
bien trop usé
par le temps qui passe
regarde comme on s'prélasse

On devient fou
On s'embrasse à genoux
On s'aime trop fort
On boit encore

Regarde toi
Quand t'es comme ça
T'es pas vraiment là
T'es pas vraiment toi

Regarde moi
Juste un p'tit peu comme ça
Effleure ma peau
Parcoure mon dos

Et si tu me peignais
D'un trait un peu farouche
Et si tu me touches
Du bout de ton pouce
Regarde les flammes
Qui dansent sur mes larmes
Regarde mon cou
qui frisonne d'un coup

Et je m'en fous
Et je me moque un peu de tout
Mais surtout de vous
Mais surtout de vous









samedi 24 novembre 2012

Go fast.

J'entends vos voix, en face de l'eau où se reflète la vie de l'autre coté de la rive. Nos gestes saccadés, nos paroles insensées mais pourtant tellement essentielles.. J'entends ton souffle lent de l'autre coté du buisson, tes cris anglais qui viennent pimenter notre conversation. Elle me parle longtemps, ses maux coulent sans interruption, je crois que ça lui plait de me donner un petit bout de son histoire. J'acquiesce, je parle, je me tais. Bande de joyeux lurons. Nos mines gênées, nos gobelets vides, nos airs enjoués. Tu crois pas si bien dire. Quand je me lève, mes jambes ne répondent plus. Je marche, je vous suis, je parle avec tout un tas d'inconnus, je m'en fou. Ils me demandent mon nom, ils m'enlacent, ils ne marchent pas droit eux non plus. Les minutes passent sans que je m'en aperçoive. La nuit m'enveloppe, je m'abandonne. Nous parlons forts, mais qu'importe, nos âmes sont parties chercher du secours dans le ciel sombre sans étoile. Je rentre chez moi, où chez elle, je ne sais plus. Je mange une madeleine au chocolat. Je m'endors. Mes rêves commencent. Fin du premier Acte.


Gaëlle.

jeudi 8 novembre 2012



C'est l’éternel hiver dans mon coeur endoloris
L’éternel amertume qui s'agenouille dans un ciel gris
Ce sentiment étrange qui vient m'étreindre dans mes vers
Cette solitude secrète qui n'a d'yeux que pour l'envers
Envers du décors, tu sais bien que du bout de mes lèvres gercées
Je t'appelle en vain dans un soupir long et glacé
Et que jamais tu ne réponds à ces paroles empoisonnées.
Écris-moi un poème, que je puisse faire semblant
Te faire croire que je t'aime, que tu m'enivre à chaque instant
Promets moi des choses folles, irréalisables ou scandaleuses
Crie-moi ton arrogance, ta vanité fameuse
Mais je t'en prie, fais quelque chose, ne reste pas impassible
Comprends mon désir de vivre un amour impossible
De ressentir la jeunesse brûler sur mes joues pâles
Comprendre un jour l'enjeux d'un amour théâtral



 

samedi 20 octobre 2012

Désillusion hâtive

Fugitifs pleins de rêves oubliés, de promesses passées, de mots dilapidés. La nuit les enveloppent de son drap outragé, plissé de tous côtés par une jeunesse désabusée. Et si la seule porte nous permettait seulement d'entrer, entrer dans ce monde où personne n'est invité, où le désir est maître et l'illusion désamorcée. Quelqu'un frappe à la porte, 
mais dans mon fort intérieur, la trappe est bien scellée, pas de manière, pas de façon, d'pouvoir y accéder. Désir de croire, désir de voir, sans pouvoir se lasser. Quête impossible me dirait-il d'une voix presque étouffée. J'ai bien compris, maintenant c'est dit on ne peut plus reculer. Amour toujours, ou bien secret un peu trop bien gardé ?
Hésites encore, fais un effort, prends pas cet air vexé. Moi aussi j'peux jouer l'mystérieux et puis te rire au nez. Plaintes innocentes, victoire brûlante, et puis nos airs fâchés. Je t'impressionne, j'suis pas si conne, ferme cette fenêtre blindée. Baisers volés, esprit tourmenté, arrêtes de te torturer.