lundi 13 août 2012

Il faut que tu respire

Ma muse est partie
Plus de soucis
Mais quand l'horizon pointe
Un bout de son nez rond
Alors il n'y a plus rien à croire
Je m'enfuis pour de bon

Ombres et lumières
Ta langue ne soupire plus
Mes yeux pleurent en silence
et filent d'un cri égu

Tout tangue dans mon coeur gai
Il suffit de peu
pour m’étreindre sans jeu
De mots un peu abstraits

Sourire forcé
Cheveux lissés
Mine renfrognée
J'en ai assez




Gaëlle.

samedi 23 juin 2012

_J'ai tendance à vouloir être et à vouloir aimer. J'ai la chance de pouvoir mettre des chances de mon côté. Je crie ma joie, je cache mes peines dans un rythme éfreiné. Je n'ai pas honte à vouloir plaire et à souvent donner. Donner du temps, un peu d'élan, quelques notes chantonnées ; les ch'veux au vent, les bras ballants et puis nos âmes paumées_


J'aime pas la gueule que tu tire quand tu t'noie dans le noir. 
J'aime pas la pluie humide qui s'infiltrent dans tes yeux.
A chaque pas, mon corps s'enfonce un peu plus dans mon pieux.
Tu vois pas où je veux en venir, j'te rassure on est deux.


Nous quatre, accoudées au bord de la fenêtre, écoutant le bruit des feuilles qui forment une musique douce, lancinante. 
Nos voix qui résonnent dans la nuit, pendant des heures entières, plus question de s'endormir quand les maux viennent te plaire.

Je suis seule quand je pense à vous maintenant. Je suis seule même quand il y a des gens. Ils sont là, autour de nous et puis si loin à la fois, comme des êtres qui se croisent mais qui ne se mêlent pas. Ce n'est pas le jour ni l'heure d'accorder nos vies sur la même gamme, même quand tu pleures, nos larmes ne coulent pas pour le même drame. 

jeudi 24 mai 2012

Dialogues intérieur.

« On peut écrire sans écrire, tricher, mais aussi rester là en silence, inutile ou impuissant. Quelque texte essentiel se construit dans la tête sans plus aucun désir de le voir sur le papier, sans plus aucune force de le donner, ne serait-ce qu'à soi-même. » Lagarce.


- Il a tout dit. Ce point est machiavélique. Féroce. 
Je vois, je découvre, j’entrouvre les portes lourdes et laisse passer le temps. Je tombe. Je tombe souvent, je me fais mal. Je fais des phrases courtes parce qu'elles sont efficaces. J'ai 16 ans et je veux faire quelque chose de ma vie. Nan, cette phrase est nulle, excusez-moi. Qu'est ce que ça veut dire "faire quelque chose de sa vie" ?  Rien. Voilà, je l'ai dit. Encore une expression préfabriquée qui veut tout et rien dire, qui nous emmène partout et nulle part.
Je ne rentre pas dans les clous. Ça tangue là-haut. J'ai le mal de mer à force de me cramponner à la barrière. J'essaye de faire comme-ci. Comme-ci quoi ? Comme si de rien était bon sang, tu comprends rien à la fin !
C'est dans la nuit que j'y vois clair. Je ne désespère pas. C'est assez dur comme concept. Aimer la vie, et la sienne en l’occurrence. Elle a bon dos la vie. Moi je l'aime bien, des fois elle est sympa avec moi, elle me fait vivre des choses incroyables. Des fois, c'est une vraie salope. Je sais pas si j'ai le droit de dire ça, parce que c'est de la vulgarité facile, mais quand même merde, faut ramer un certains nombres d'heures pour être heureux.  
Je reprends : j'ai 16 ans et je veux... 
Rien. J'ai pas d'idée précise qui me vient. Peut être parce que j'ai déjà tout. Et puis "je veux", c'est prétentieux ça, non ? Allez, un petit peu quand même. 
J'avais pleins de trucs dans la tête avant d'arriver ici. Lagarce a raison, inutile et impuissant.  
Je suis sure que de là où il est il comprend. 
Ambition vraie. Bien sur que oui ! Et puis j'ai encore du temps, des tas des tas de temps comme dirait l'autre. Bon, il faut bien qu'il arrive ce point final. Il repousse sans arrêt son arrivée. C'est comme s'il se faisait désirer encore et encore. C'est une technique qui marche bien. Plus on attends quelque chose, plus on le désire fort, et plus c'est appréciable. Avant de partir, je voulais juste dire une dernière chose.
Mais quoi ? Je ne sais déjà plus, la tornade de mon esprit l'a emporté le temps d'un clignement de cils.


dimanche 13 mai 2012

Des petites bulles éclatent dans le silence. 
Je prends une grande inspiration et c'est la parade qui commence ;
Mes paroles coulent et je ne peux m'arrêter. 
*





vendredi 27 avril 2012

Histoire courte.

Rue de la liberté, 1H du matin.
Une femme assise à un arrêt de bus, elle est seule. Elle allume une cigarette. Elle entend des gouttes de pluies taper sur les vitres pleine de buée. Les phares d'une voiture l'éblouissent, elle se lève.
La voiture ne s'arrête pas, elle se rassoie.
Elle écrase sa cigarette sur le banc. Elle entend les bruits de la nuit, elle frissonne. Elle a peur. Elle voudrait qu'il revienne. Elle ne peut plus rester chez elle. A chaque fois qu'elle trouve quelque chose qui lui appartient, elle se met à pleurer. Elle flanche. La pluie la maintient éveillée. Elle n'a plus aucune notion du temps présent. Plus rien n'a d'importance, elle veut le voir, pouvoir le serrer dans ses bras, lui dire ce qu'elle avait sur le coeur avant son départ. Elle tente de réchauffer ses mains bleutées par le froid.
Elle entend des pas. Elle se lève, se demande qui cela pourrait bien être à une heure pareille. Elle regarde l'horizon : il n'y a personne. Un second bruit, plus près d'elle cette fois. Elle ne voit toujours rien. Des branches craquent. Les bruits se rapprochent. Elle tremble. Une ombre surgit de derrière les buissons, elle n'arrive pas à distinguer les traits d'un visage, elle devine que c'est un enfant. Elle s'avance d'un pas timide. Elle peut enfin voir son visage. Un petit garçon. Il l'a regarde à travers ses grands yeux clairs. Il ne dit rien. Elle lui tend la main dans un élan de tendresse. Il la saisie sans hésiter longtemps. 
Ils sont deux sur le bancs désormais. Elle le serre fort contre lui, tout en lui susurrant les mots les plus rassurants qu'elle connaissent.
L'enfant est calme. Elle l'étouffe tant elle le serre fort. Elle ferme les yeux. Elle se sent mieux maintenant qu'elle a quelqu'un à aimer. Elle chantonne un air doux et rassurant. Elle ré-ouvre doucement ses paupières. L'enfant n'est plus là. L'enfant a disparu de ses bras. Elle crie, elle panique. Elle appelle partout, fouille les alentours : il a disparu.

Rue de la liberté, 1H36.
Un homme, il fume une gitane à sa fenêtre. Il n'arrive pas à dormir, c'est surement ces foutus médicaments que lui a prescrit le médecin. Il regarde cette femme depuis tout à l'heure. Il l'a connait, elle a perdue son petit garçon il y a de ça environ un an. Elle n'arrive pas à se reconstruire depuis cette terrible perte. Toutes les nuits, elle crie la mort de son enfant depuis cet arrêt de bus où personne n'ose plus aller. Elle pense sûrement qu'il va revenir. Il l'observe serrer son sac contre elle. Ce spectacle le fait souvent sourire.
Elle est folle. Tout le monde le sait au village, mais que peut-on faire devant une femme pareille ? Personne ne veut l'aider, bien d'autre chose à régler que de s'occuper d'une femme qui radote toutes les nuits, croyant que son fils va revenir du monde des morts. Il allume la télé. Il zappe plusieurs fois, arrête son choix sur un documentaire narrant la vie des ours polaires, puis s'endort.


Gaëlle.

mercredi 14 mars 2012

Insensé.


On arrête tout. Je me bousille les genoux. Je crie mais tu ne m'entends pas. Je prie mais tu ne m’exauce pas. Une rature, un peu d'air pur, ces marques rouges sur ton front. Je déchire les pages, j'enrage, j'étrangle ma vision avec des bouts de nous éparpillés un peu partout. Je me consume. Je tente d'éteindre le feu qui me brûle la peau, j'acquiesce, je reste.
Ils dansent, tout est si absurde dans mon monde insoluble, mes paroles coulent, s'échappent, éclaboussent ton cœur d'un éternel je t'aime.
Tout tourne, tout sauf moi. Je reste cambrée à embrasser le vide, je reste plantée là à écouter la brise.
Je fais tout, ou peut être rien, plutôt du rien tartiné sur un pain rance, sans saveur ni lendemain.
Je hurle l'incompréhension qui me ronge, j'hurle à ta place, je hurle jusqu'à ce que tu te lasse.

Il y a des cicatrices sur ton bras, celles-là ne s’effaceront pas.
Je t'entends gémir au loin, recroquevillé dans un coin de ton crâne, je ne viendrais plus les prochaines fois.
Chaque instant est plus lent, plus pesant, déroutant, enivrant, plus ou moins excitant.
J'ai du mal à parler quand ma gorge est serrée par un nœud invisible.
Je crains ton regard, je ne suis plus rien à ton égard maintenant.

INSUPPORTABLE.

Ne me toise pas, écrase ton corps vide d'amour contre la vitre, écrase-toi tout entier, prouves moi que t'existe.
Insensée est mon écriture à l'heure qu'il est, je t'entraîne mais tu n'en connais pas les raisons, je te traîne sans pour autant te prendre pour un con.


Gaëlle

dimanche 19 février 2012

«_Mamie, fais moi des ronds.»


«Je tombe, sans jamais heurter le sol. Une descente qui ne s’arrête plus, tout s'effondre sans que je n'aie le temps d'attraper quelque chose de solide. Je n'ai rien de solide. Juste mon corps que je serre pour essayer de freiner ma chute. Juste mes os qui craquent, les gouttes qui suintent le long de la vitre entrouverte, tes paroles qui reviennent picorer mes rêves, moi aussi je suis perdue. Agacée, lassée, je me lève avec les quelques forces qu'il me reste. Mes pieds sont froids au contact du goudron mouillé. Je marche dans la coure sans m'arrêter, je crois que plus je vais loin et plus je perdrai le fil de mes pensées. Je revois ton corps tremblant, tes rides se creusant dans tes mains de travailleuse, et puis tes larmes. Je ne t'avais jamais vu pleurer. Le cœur au bord des lèvres, je suis partie ce matin là. J'avais envie de crier.
Bien sûr je ne l'ai pas fait, et j'ai dit que ça allait, comme on fait toujours. »

Gaëlle.