samedi 20 octobre 2012

Désillusion hâtive

Fugitifs pleins de rêves oubliés, de promesses passées, de mots dilapidés. La nuit les enveloppent de son drap outragé, plissé de tous côtés par une jeunesse désabusée. Et si la seule porte nous permettait seulement d'entrer, entrer dans ce monde où personne n'est invité, où le désir est maître et l'illusion désamorcée. Quelqu'un frappe à la porte, 
mais dans mon fort intérieur, la trappe est bien scellée, pas de manière, pas de façon, d'pouvoir y accéder. Désir de croire, désir de voir, sans pouvoir se lasser. Quête impossible me dirait-il d'une voix presque étouffée. J'ai bien compris, maintenant c'est dit on ne peut plus reculer. Amour toujours, ou bien secret un peu trop bien gardé ?
Hésites encore, fais un effort, prends pas cet air vexé. Moi aussi j'peux jouer l'mystérieux et puis te rire au nez. Plaintes innocentes, victoire brûlante, et puis nos airs fâchés. Je t'impressionne, j'suis pas si conne, ferme cette fenêtre blindée. Baisers volés, esprit tourmenté, arrêtes de te torturer.

mardi 25 septembre 2012

Tu flottes, je coule
Je crie, tu foules
Tu dors, je fouille
T'as tords, andouille.



Ça recommence, je balance, t'inverses la tendance, tu crois qu'c'est simple dans mon p'tit monde à moi, tu crois qu'je grimpe quand tu m'appelles cent fois. C'est la rentrée, on brûle tous nos regrets, on parle pendant des heures sans se voiler la face, on parle avec le coeur en maudissant le temps qui passe.
Tu pleures, je sourie, le temps est gris, les silhouettes dansent.
Nos poignets se fatiguent, deux heures sur la même cadence, on reprend l'habitude,
Je regarde vos visages encore trop inconnus, je me retourne, vous n'y êtes plus.





lundi 13 août 2012

Il faut que tu respire

Ma muse est partie
Plus de soucis
Mais quand l'horizon pointe
Un bout de son nez rond
Alors il n'y a plus rien à croire
Je m'enfuis pour de bon

Ombres et lumières
Ta langue ne soupire plus
Mes yeux pleurent en silence
et filent d'un cri égu

Tout tangue dans mon coeur gai
Il suffit de peu
pour m’étreindre sans jeu
De mots un peu abstraits

Sourire forcé
Cheveux lissés
Mine renfrognée
J'en ai assez




Gaëlle.

samedi 23 juin 2012

_J'ai tendance à vouloir être et à vouloir aimer. J'ai la chance de pouvoir mettre des chances de mon côté. Je crie ma joie, je cache mes peines dans un rythme éfreiné. Je n'ai pas honte à vouloir plaire et à souvent donner. Donner du temps, un peu d'élan, quelques notes chantonnées ; les ch'veux au vent, les bras ballants et puis nos âmes paumées_


J'aime pas la gueule que tu tire quand tu t'noie dans le noir. 
J'aime pas la pluie humide qui s'infiltrent dans tes yeux.
A chaque pas, mon corps s'enfonce un peu plus dans mon pieux.
Tu vois pas où je veux en venir, j'te rassure on est deux.


Nous quatre, accoudées au bord de la fenêtre, écoutant le bruit des feuilles qui forment une musique douce, lancinante. 
Nos voix qui résonnent dans la nuit, pendant des heures entières, plus question de s'endormir quand les maux viennent te plaire.

Je suis seule quand je pense à vous maintenant. Je suis seule même quand il y a des gens. Ils sont là, autour de nous et puis si loin à la fois, comme des êtres qui se croisent mais qui ne se mêlent pas. Ce n'est pas le jour ni l'heure d'accorder nos vies sur la même gamme, même quand tu pleures, nos larmes ne coulent pas pour le même drame. 

jeudi 24 mai 2012

Dialogues intérieur.

« On peut écrire sans écrire, tricher, mais aussi rester là en silence, inutile ou impuissant. Quelque texte essentiel se construit dans la tête sans plus aucun désir de le voir sur le papier, sans plus aucune force de le donner, ne serait-ce qu'à soi-même. » Lagarce.


- Il a tout dit. Ce point est machiavélique. Féroce. 
Je vois, je découvre, j’entrouvre les portes lourdes et laisse passer le temps. Je tombe. Je tombe souvent, je me fais mal. Je fais des phrases courtes parce qu'elles sont efficaces. J'ai 16 ans et je veux faire quelque chose de ma vie. Nan, cette phrase est nulle, excusez-moi. Qu'est ce que ça veut dire "faire quelque chose de sa vie" ?  Rien. Voilà, je l'ai dit. Encore une expression préfabriquée qui veut tout et rien dire, qui nous emmène partout et nulle part.
Je ne rentre pas dans les clous. Ça tangue là-haut. J'ai le mal de mer à force de me cramponner à la barrière. J'essaye de faire comme-ci. Comme-ci quoi ? Comme si de rien était bon sang, tu comprends rien à la fin !
C'est dans la nuit que j'y vois clair. Je ne désespère pas. C'est assez dur comme concept. Aimer la vie, et la sienne en l’occurrence. Elle a bon dos la vie. Moi je l'aime bien, des fois elle est sympa avec moi, elle me fait vivre des choses incroyables. Des fois, c'est une vraie salope. Je sais pas si j'ai le droit de dire ça, parce que c'est de la vulgarité facile, mais quand même merde, faut ramer un certains nombres d'heures pour être heureux.  
Je reprends : j'ai 16 ans et je veux... 
Rien. J'ai pas d'idée précise qui me vient. Peut être parce que j'ai déjà tout. Et puis "je veux", c'est prétentieux ça, non ? Allez, un petit peu quand même. 
J'avais pleins de trucs dans la tête avant d'arriver ici. Lagarce a raison, inutile et impuissant.  
Je suis sure que de là où il est il comprend. 
Ambition vraie. Bien sur que oui ! Et puis j'ai encore du temps, des tas des tas de temps comme dirait l'autre. Bon, il faut bien qu'il arrive ce point final. Il repousse sans arrêt son arrivée. C'est comme s'il se faisait désirer encore et encore. C'est une technique qui marche bien. Plus on attends quelque chose, plus on le désire fort, et plus c'est appréciable. Avant de partir, je voulais juste dire une dernière chose.
Mais quoi ? Je ne sais déjà plus, la tornade de mon esprit l'a emporté le temps d'un clignement de cils.


dimanche 13 mai 2012

Des petites bulles éclatent dans le silence. 
Je prends une grande inspiration et c'est la parade qui commence ;
Mes paroles coulent et je ne peux m'arrêter. 
*





vendredi 27 avril 2012

Histoire courte.

Rue de la liberté, 1H du matin.
Une femme assise à un arrêt de bus, elle est seule. Elle allume une cigarette. Elle entend des gouttes de pluies taper sur les vitres pleine de buée. Les phares d'une voiture l'éblouissent, elle se lève.
La voiture ne s'arrête pas, elle se rassoie.
Elle écrase sa cigarette sur le banc. Elle entend les bruits de la nuit, elle frissonne. Elle a peur. Elle voudrait qu'il revienne. Elle ne peut plus rester chez elle. A chaque fois qu'elle trouve quelque chose qui lui appartient, elle se met à pleurer. Elle flanche. La pluie la maintient éveillée. Elle n'a plus aucune notion du temps présent. Plus rien n'a d'importance, elle veut le voir, pouvoir le serrer dans ses bras, lui dire ce qu'elle avait sur le coeur avant son départ. Elle tente de réchauffer ses mains bleutées par le froid.
Elle entend des pas. Elle se lève, se demande qui cela pourrait bien être à une heure pareille. Elle regarde l'horizon : il n'y a personne. Un second bruit, plus près d'elle cette fois. Elle ne voit toujours rien. Des branches craquent. Les bruits se rapprochent. Elle tremble. Une ombre surgit de derrière les buissons, elle n'arrive pas à distinguer les traits d'un visage, elle devine que c'est un enfant. Elle s'avance d'un pas timide. Elle peut enfin voir son visage. Un petit garçon. Il l'a regarde à travers ses grands yeux clairs. Il ne dit rien. Elle lui tend la main dans un élan de tendresse. Il la saisie sans hésiter longtemps. 
Ils sont deux sur le bancs désormais. Elle le serre fort contre lui, tout en lui susurrant les mots les plus rassurants qu'elle connaissent.
L'enfant est calme. Elle l'étouffe tant elle le serre fort. Elle ferme les yeux. Elle se sent mieux maintenant qu'elle a quelqu'un à aimer. Elle chantonne un air doux et rassurant. Elle ré-ouvre doucement ses paupières. L'enfant n'est plus là. L'enfant a disparu de ses bras. Elle crie, elle panique. Elle appelle partout, fouille les alentours : il a disparu.

Rue de la liberté, 1H36.
Un homme, il fume une gitane à sa fenêtre. Il n'arrive pas à dormir, c'est surement ces foutus médicaments que lui a prescrit le médecin. Il regarde cette femme depuis tout à l'heure. Il l'a connait, elle a perdue son petit garçon il y a de ça environ un an. Elle n'arrive pas à se reconstruire depuis cette terrible perte. Toutes les nuits, elle crie la mort de son enfant depuis cet arrêt de bus où personne n'ose plus aller. Elle pense sûrement qu'il va revenir. Il l'observe serrer son sac contre elle. Ce spectacle le fait souvent sourire.
Elle est folle. Tout le monde le sait au village, mais que peut-on faire devant une femme pareille ? Personne ne veut l'aider, bien d'autre chose à régler que de s'occuper d'une femme qui radote toutes les nuits, croyant que son fils va revenir du monde des morts. Il allume la télé. Il zappe plusieurs fois, arrête son choix sur un documentaire narrant la vie des ours polaires, puis s'endort.


Gaëlle.